Visible aux dates suivantes :
les 6 & 7 décembre 2025, 10 & 11 janvier 2026, 31 janvier & 1er février 2026, 28 février & 01 mars 2026, 25 & 26 avril 2026, 23 & 24 mai 2026.
Croire au monde est une création originale de l’artiste Annabel Schenck, qui investit l’espace souterrain de la salle du demi bastion avec des estampes grands formats. Cette œuvre immersive vous fait traverser un paysage sensible et poétique, inspirée à la fois par une déambulation dans la cité fortifiée et par la vision du monde fantastique des gravures de Gustave Doré.

Annabel Schenk, Marche d’approche , gravures à la pointe-sèche, 2025 – © Adagp, Paris, 2025
Annabel Schenck explore l’art classique de l’estampe dans une démarche de recherche contemporaine sur l’œuvre gravée.
L’artiste s’exprime à la fois en aplats, en volume et à des échelles très inhabituelles pour l’estampe, tout en développant une approche contextuelle très ancrée. Ses installations transcrivent des mouvements, tensions organiques ou architecturales, entre germination, effondrement et construction.
Pour le site de la casemate du Demi-bastion, l’artiste a réalisé une création, in situ, c’est-à-dire en fonction de l’architecture et de l’histoire locale. Elle a investi l’espace avec des estampes originales de grande taille, jouant sur la multiplicité et la mise en espace de l’image imprimée.
L’œuvre « Amor mundi » tire son inspiration des gravures de Gustave Doré, détenues par le musée, en explorant la transformation contemporaine de ces gravures sur bois du 19 e siècle, en particulier les estampes de Doré gravées par Héliodore Pisan.
Sa première installation engage le visiteur dans une œuvre immersive dans laquelle il est invité à cheminer, à travers un parcours à la fois symbolique et physique puisqu’il fait concrètement référence au chemin de ronde que parcouraient les gardes autrefois à Gravelines. Ce travail, inspiré par l’esthétique de l’univers gravures de Pisan ainsi que par la beauté graphique des reliefs montagneux, propose une exploration sensible et poétique d’un monde aussi beau qu’inquiétant.
Le deuxième partie de l’exposition nous emmène dans un univers théâtral et aquatique, directement inspiré par la mer, comme lieu de passage et de traversées parfois périlleuses. L’artiste se souvient que son grand-oncle a disparu au large de Dunkerque pendant l’opération Dynamo en mai 1940. L’estampe est ici figurative, réaliste, sociale et à ce titre emprunte d’une certaine violence. Mais elle est aussi marquée par l’héritage profond de la gravure classique. Sa mise en scène dramatique des corps fait dialoguer ses œuvres avec les grandes scènes de naufrage des illustrations sombres mais sublimes de L’Enfer de Dante par Gustave Doré.

