Un musée unique en France
Cet établissement est le seul musée français dédié à l’estampe, un moyen d’expression artistique qu’il promeut activement.
Les collections sont présentées par roulement dans « l’Exposition impermanente ». Elle a pour fil conducteur les techniques de l’estampe et la sélection des œuvres fait aussi écho à l’actualité des autres expositions en cours. L’Exposition impermanente est renouvelée tous les 5 mois au même rythme que les expositions temporaires, qui sont elles-mêmes soit thématiques soit monographiques. Par cette rotation constante, le musée met en lumière la richesse de ses collections (28 000 œuvres) et propose au visiteur une expérience complètement renouvelée à chaque visite. La qualité de la collection participe également à faire de ce musée une référence dans son domaine (le chef-d’œuvre du musée est l’Apocalypse de Dürer).
Les expositions temporaires démontrent la singularité et la diversité de l’estampe, illustrent son histoire et rendent compte de son actualité. Elles présentent l’art du multiple, intime, riche et généreux. Typiquement l’estampe est le domaine de l’amateur (du verbe aimer) qui contemple l’œuvre au plus près, s’immergeant dans son graphisme. Quand l’art s’imprime, il est multiple dans ses procédés. Il se décline à la pointe, à la gouge, à la craie, au burin, sur cuivre sur bois, sur pierre, … du 15e siècle jusqu’à nos jours. C’est un art du multiple également généreux par nature car l’œuvre est conçue, produite et éditée par l’artiste en vue d’un partage des épreuves avec un large public.
Les divers services du musée participent à la dynamique de l’établissement par des activités telles que les ateliers d’initiation à la gravure, l’accompagnement des chercheurs dans la bibliothèque spécialisée, l’accueil d’artistes en résidence ou la vente en boutique des éditions du musée incluant des catalogues mais aussi des estampes originales.
A l’origine pourquoi l’estampe à Gravelines ?
Durant deux décennies, des années 60 aux années 80, une association d’artistes nommée « Le groupe de Gravelines » a organisé avec le soutien de la ville des expositions, principalement dédiées à la vente de peintures et de sculptures. L’association a été présidée d’abord par le peintre Arthur Van Hecke puis par le sculpteur Charles Gadenne. Toutefois l’association, qui avait pour ambition de participer à l’éducation populaire, produisait aussi des éditions d’estampes originales afin de diffuser et rendre accessible des œuvres à un large public.
Par l’intermédiaire de ces artistes, la commune a commencé à constituer une « collection municipale d’estampes originale et de dessin », incluant les œuvres gravés de Marcel Gromaire et d’Eugène Leroy. L’idée de créer un musée d’art graphiques a alors émergé, dans le but de préserver et de mettre en valeur ce patrimoine. Le projet reçoit l’approbation de l’État et c’est ainsi que le musée est établi en octobre 1982.
Rapidement le musée s’est tourné principalement vers l’estampe, un champ vaste et peu connu. Il n’est pas un musée de l’imprimerie, mais un établissement dédié à l’estampe en tant que forme d’art autonome. Il demeure aujourd’hui le seul Musée de France dont le projet est dédié à l’estampe originale.
Un musée installé au cœur de la fortification
Gravelines, ville fortifiée depuis le XIIe siècle, intègre l’Empire de Charles Quint au début du XVIe siècle. Il y fait construire un « château neuf » en 1528 puis la fortification bastionnée en 1558. La ville prend la forme d’étoile que l’on connait aujourd’hui. Convoitée et assiégée, Gravelines est définitivement intégrée au royaume de France de Louis XIV en 1659. Le plan-relief de la ville témoigne de cet âge d’or de la cité fortifiée française prise et perfectionnée par Vauban. Le château transformé en citadelle sert d’arsenal et de base militaire. Au XIXe siècle, la ville de garnison vit surtout de la pêche et du port. A l’époque contemporaine, Gravelines se modernise avec le développement industriel et la restauration des fortifications. En 1982, le musée est inauguré dans l’Arsenal, installé dans la grande poudrière, les casemates et le corps de garde du site.
Le corps de garde
Situé à l’entrée du site, le bâtiment était conçu pour abriter les soldats chargés de surveiller la porte du château. La galerie en façade offrait aux sentinelles un abri des intempéries tandis que l’officier et les relèves logeaient dans la salle principale chauffée par la cheminée. Le bâtiment abrite la boutique-billetterie du Musée. Plusieurs autres corps de garde jalonnent le chemin de ronde de Gravelines.
La poudrière
Le bâtiment militaire était la principale réserve de la poudre à canon de la place forte. Il est composé de deux niveaux voûtés : un rez-de chaussée où étaient entreposés les tonneaux de poudre à canon, et un sous-sol dédié aux réserves d’artillerie. L’inscription « 1742 » sur la façade témoigne de la reconstruction du bâtiment après l’explosion d’une première poudrière en 1654.
La salle du rez-de-chaussée impressionnante par ses dimensions et sa large voûte en berceau accueille l’exposition temporaire tandis que le sous-sol est consacré à l’exposition (im)permanente des collections.
La casemate du pilier
La casemate est une salle enterrée dans le talus du rempart initialement conçue pour défendre le château. Une ouverture pour canon reste visible dans un des murs de la salle. La salle détruite lors de l’explosion de la poudrière en 1654, la salle est reconstruite sur les plans de Vauban en 1680. Une longue galerie mène à la salle qui se distingue par ses voûtes d’arêtes reposant sur le pilier central en pierres taillées et les trois cheminées.
La salle abrite aujourd’hui l’une des expositions temporaires ainsi que le plan-relief de la ville.
Le plan-relief de la ville
En 1998, la Ville de Gravelines et le SIVOM de l’Aa ont acquis une copie du plan-relief de Gravelines qui est depuis lors exposée au musée. Cette maquette montre la ville fortifiée du XVIIIe siècle.
La casemate du four à pain
Cette casemate est la plus ancienne du site, sa construction remonte à 1528 marquant le début du chantier du château commandé par Charles Quint. Située dans l’une des deux tours d’entrée du château, elle était à l’origine une casemate défensive dont les ouvertures à canon sont encore visibles. En 1693, Vauban ordonne la construction de plusieurs fours à pain pour la garnison. Un seul sera achevé en 1705 dans cette salle « à l’abri de la bombe ».
Elle présente des vidéos et des installations en lien avec les expositions en cours.
La casemate du demi-bastion
La salle est la dernière casemate du site à être mise au jour et ouverte au public en 2013. Construite en 1536, elle est initialement conçue comme un petit bastion triangulaire, dont la forme est modifiée dès 1570 pour devenir un « demi bastion ».
Les travaux pour sa réhabilitation entrepris en 2004 ont révélés, enfouie dans le talus, une portion intacte de la muraille médiévale de Gravelines datant du XIVe siècle. Siècle. Ces vestiges sont aujourd’hui mis en valeur et accessible aux visiteurs.
La salle présente des vidéos ou des installations en lien avec les expositions en cours.
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