L’ensemble des 16 gravures sur bois de l’Apocalypse selon Saint Jean, réalisées par le maître allemand Albrecht Dürer à la fin du Moyen Âge, est l’un des trésors du musée.
L’œuvre de Dürer s’inscrit entre la fin du Moyen-Âge et l’émergence de la Renaissance en Allemagne.
En 1498, à l’âge de 27 ans, l’artiste allemand se lance dans une entreprise ambitieuse : illustrer l’Apocalypse selon Saint Jean, depuis la création des illustrations jusqu’à leur gravure, impression et publication. L’Apocalypse de Dürer est le premier ouvrage de l’histoire du livre à avoir été conçu et publié par un artiste sans soutien financier externe. Précurseur en son domaine, Albrecht Dürer marque avec ce chef d’oeuvre l’histoire du livre imprimé.
Pour la sélection des scènes, l’artiste se réfère aux modèles anciens : la Bible de Koberger (1483) et la Bible de Grüninger (1485).
Contrairement à la tradition du Moyen âge, Dürer n’essaie pas d’associer systématiquement texte et image ; il ne s’agit pas d’une simple représentation du texte mot pour mot, mais d’une interprétation du récit par l’image. C’est la première fois que la gravure d’illustration joue un rôle aussi prépondérant dans un livre, également en raison de sa dimension par rapport au texte.
Pour renouveler la composition et les motifs des gravures sur bois anciennes, il puise principalement son inspiration dans les œuvres italiennes, en se concentrant sur le travail du volume et de la profondeur spatiale. Le style médiéval, qui n’est pas naturaliste, ne permettait pas de faire une distinction claire entre un miracle et un phénomène naturel, tout semblant schématisé. Dürer, quant à lui, instaurera un contraste entre l’approche naturaliste du monde terrestre et le style non naturaliste de la vision.
Dürer a acquis une renommée mondiale de son vivant grâce à la nouveauté qu’il a introduite dans le domaine des arts graphiques. Il est l’un des pionniers de la gravure dite originale : une œuvre entièrement conçue et créée par l’artiste.

